1968

Depuis la mi-mars, les décrets provinciaux se succèdent à grande vitesse pour ralentir la propagation de la COVID-19, ordonnant la fermeture d’institutions et commerces, l’isolement social et le confinement, et même une interdiction de faire du feu. En conséquence, les autorités locales doivent continuellement ajuster leurs procédures pour faire respecter ces nouvelles règles, ce qui demande de la flexibilité et une collaboration constante. La concertation est assurée par des rencontres hebdomadaires du Groupe d’intervention d’urgence locale, qui réunit la police, les pompiers, l’administration municipale et les services de santé.

L’administrateur municipal Jean-Pierre Barbeau dit que pour l’instant, la ville, la police et les pompiers ont pris «une approche en douceur.» Les pompiers ont été désignés pour patrouiller et encourager les gens à respecter les normes de distanciation physique. Selon le chef des pompiers, Richard Maranda, «nous avons deux équipes qui patrouillent; les agents de prévention et de formation roulent un peu partout pour faire comprendre aux gens l’importance de la distanciation sociale. Ils se rendent aux endroits où il y a normalement beaucoup de personnes, juste pour faire de la sensibilisation pour l’instant. Ils ne sont pas autorisés à sévir ou mettre des amendes. C’est une approche juste, et c’est ce que nous tentons de faire, juste de rappeler aux gens que c’est important et c’est une exigence en ce moment.»

M. Barbeau sait que certaines personnes voudraient des mesures plus sévères. «Je reçois beaucoup de commentaires, de la pression vraiment, demandant que l’on mette des contrôles plus strictes sur le public. Je demande aux gens d’avoir confiance en nous, en sachant que nous avons des plans pour augmenter la sensibilisation du public et les mesures de contrôle, mais ces mesures ne sont pas prises à la légère. Il faut tenir compte de l’ensemble de la communauté, et concerter nos actions avec nos partenaires communautaires. Ce qui se passe ici n’est pas nécessairement la même chose qui se passe à Sudbury ou à Ottawa. Il faut agir en fonction de notre situation unique et ne pas se précipiter sur des mesures qui restreindraient les droits et libertés de nos citoyens juste comme ça. (…) Il faut faire les choses de manière calme et raisonnable.»

Il ajoute que la ville est en consultation constante avec la Police provinciale, le Bureau de santé du district, les pompiers. «Nous prenons une approche concertée. Nous faisons de plus en plus appel à nos autorités locales, mais leur rôle pour l’instant est l’éducation. Nos pompiers vont conduire ici et là dans la communauté, baisser leur fenêtre et demander aux gens de se tenir à deux mètres de distance les uns des autres, ou de ne pas être en groupe de cinq ou plus… Nous allons gentiment et doucement rappeler les gens à l’ordre. Nous n’avons pas l’intention de sortir avec un gros bâton pour menacer les gens, comme certains le demandent dans les réseaux sociaux… S’il y a des infractions graves, la Police provinciale, qui est notre police locale, s’en occupera. Je suis au téléphone avec l’Inspecteur Ray St-Pierre et le Commandant Mike Maville environ 6 fois par semaine, et nous nous consultons sur les mesures à prendre.»

M. Barbeau répète que chaque organisme apporte son expertise à la table, et il s’en remet toujours aux experts pour prendre les meilleures décisions. «Nous avons des personnes exceptionnelles dans notre communauté et je cède toujours le pouvoir décisionnel à l’autorité pertinente. S’il s’agit d’un feu de forêt, le pouvoir décisionnel ira au chef des pompiers avec le ministère des Richesses naturelles et des Forêts. S’il s’agit d’un otage, la police mènera l’opération. Ici, il s’agit d’une crise de santé publique et nos travailleurs en santé sont formés pour gérer une pandémie donc nous travaillons avec eux.» M. Barbeau décrit le Dr. Jim Chirico, médecin-hygiéniste au Bureau de santé du district, et Cynthia Desormiers, directrice générale de l’Hôpital général de Nipissing Ouest, les «rock stars» de cette opération.

Le chef Maranda, pour sa part, dit que les pompiers n’ont pas rencontré beaucoup de résistance dans la communauté. «Les gens, en grande majorité, respectent les consignes de la province,» affirme-t-il. Et si jamais il fallait utiliser de la force, par exemple pour obliger un commerce à respecter les règles, «cela reviendrait aux policiers, pas à nous.»

M. Barbeau voit tout de même des choses à redresser, et de nouvelles mesures seront peut-être adoptées sous peu, par exemple d’exiger aux commerces de marquer le sol devant leur entrée pour illustrer les distances à respecter. «Les commerçants ont pris les mesures nécessaires pour se conformer aux règles et éliminer les risques dans leur magasin, mais le problème s’est déplacé au trottoir. Maintenant, nous allons leur demander, en collaborant avec eux, de poser du ruban adhésif sur le trottoir… pour assurer une distance de deux mètres entre les personnes, et d’installer des enseignes. Ensuite nous pourrons demander à nos agents de faire le tour et, lorsqu’ils voient des gens s’agglomérer dans un endroit, leur dire de garder une distance de deux mètres.» Il ajoute que les magasins avec de grands terrains de stationnement assurent eux-mêmes le maintien des règles, mais «sur les trottoirs, je pense que nous allons devoir intervenir.»

Les pompiers ont aussi la responsabilité de faire respecter l’interdiction de faire du feu dans la municipalité. Le 3 avril, la province a déclaré tout l’Ontario une zone de restriction en ce qui a trait au feu, interdisant tout feu à ciel ouvert dont feux de cuisson, brûlages controlés et feux de camp. «C’est la province qui a interdit les feux, pas la municipalité. (…) La province ne veut pas mettre ses pompiers en péril en les exposant à la COVID-19 s’ils doivent faire une intervention en groupe. Ils essaient de garder leurs pompiers à la maison (…). En même temps, ils nous ont demandé d’aider si jamais ils doivent répondre à un feu, afin de limiter le nombre de leurs pompiers qui doivent intervenir.»

M. Maranda reconnaît toutefois que la ville a ajouté une restriction. «Ce que nous avons fait, c’est bannir complètement tout feu à flamme découverte. La province permet encore l’utilisation du propane et moi je dis que si l’on peut toucher la flamme, c’est non. Il y a des appareils de feux de camp au propane, mais nous disons que si la flamme jaillit des côtés, c’est interdit. Nous ne voulons pas voir de flamme du tout. Un barbecue au propane ou au charbon de bois avec un couvercle, c’est permis. Mais toute flamme découverte, non. Un foyer extérieur avec cheminée, c’est pareil parce que les flammèches peuvent en rejaillir. Si nous pouvons éliminer tous les feux extérieurs, nous pourrons éliminer beaucoup d’appels.»

En plus réduire les interventions des pompiers, l’élimination des feux de camp vise aussi à promouvoir l’éloignement social. «C’est connu, un feu va attirer du monde. Nous essayons d’éliminer ces rassemblements aussi.» Pour les mêmes raisons, «le ministère des Richesses naturelles a aussi annulé le camping sur les terres de la Couronne et dans les parcs. C’est une autre façon d’éliminer les rassemblements.»

M. Maranda estime qu’il y a encore du chemin à faire pour que tout le monde comprenne. «Malheureusement, je vois encore des gens qui vont à l’épicerie à deux, 3 ou 4 personnes de la même famille. Il devrait y avoir une seule personne par famille à l’épicerie. Désignez une personne dans la famille pour faire les courses; ce n’est pas une sortie familiale!»

Heureusement, les pompiers ont eu peu d’incidents à gérer, ce qui leur permet de faire les patrouilles supplémentaires. «Nous avons eu quelques appels pour le monoxide de carbone, mais rien de grave, Dieu merci, et touchons du bois. Si jamais nous devons faire une grande intervention, il faut 20 à 30 personnes et ensuite nous épuisons notre stock d’équipement de protection personnelle. Tout le monde doit porter un masque à cause de la proximité, (…) et il faut ensuite les jeter.»

Les pompiers gardent le moral malgré la crise, ajoute-t-il, même s’il y a des défis. «Nous avons annulé les sessions de formation des pompiers parce que nous ne pouvons pas nous regrouper.» De plus, les réunions et la communication doivent se faire à distance, avec l’application Webex. «Ça fait l’affaire, je suppose, mais on ne voit pas l’expression de la personne qui parle… Quand j’ai quelque chose à dire, j’aime bien le dire face-à-face. C’est différent, faire affaire comme ça! Les plus jeunes n’ont pas de problème à communiquer comme ça, mais les plus vieux n’aiment pas ça; on n’a pas l’habitude.»

M. Barbeau dit que toutes les municipalités sont aux prises avec les mêmes problèmes. «Il y a 430 municipalités en Ontario… Nous faisons toutes ce qu’il faut pour être conformes aux directives de la province et des autorités locales et régionales. Si nous observons un besoin qui nécessiterait une mesure locale comme solution, alors nous agirons. Mais nous prenons ça un jour à la fois. Jusqu’à présent, c’est surtout «hey, Jean-Guy se tenait trop près de ses copains en train de boire une bière», et parce que tout le monde se connaît ici, nous avons beaucoup d’appels de ce genre. La Police provinciale a un centre de triage pour recevoir les plaintes… puis ils appellent les gens pour leur rappeler les règles. Si un incident plus grave survient, un policier est envoyé. C’est le processus qu’ils suivent.» Pour le moment.




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Une « approche douce » appliquée pour l’instant

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La ville, la police et les pompiers collaborent pour faire respecter l’éloignement social

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