1968

SPECIAL SECTIONS

CAHIERS SPÉCIAUX

​​National Volunteer Week

Semaine nationale de l'action bénévole

Linda Lafantaisie-Renaud, directrice du Centre pour femmes Horizon, attend une augmentation des demandes d’aide comme résultat du confinement et de l’anxiété causée par la COVID-19.

Winter Price Meltdown

Le calme avant la tempête au refuge pour femmes Horizon

International Women's Day​

Journée internationale de la femme

Celebrate your love

Share with friends


Tout est tranquille, trop tranquille, au Centre pour femmes Horizon. La directrice, Linda Lafantaisie Renaud, sait pourtant que la violence conjugale augmente en situation de crise et surtout lors d’un confinement à domicile comme celui imposé par la COVID-19. Elle s’attendrait donc à une hausse des demandes de service pour un refuge comme le sien. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement fédéral a octroyé, exceptionnellement, 32 000$ au centre pour répondre aux besoins émergeant de la crise actuelle. Or, cette demande ne s’est pas manifestée – pas encore.

«C’est vraiment bizarre,» dit-elle. «Mais nous n’avons pas encore vu le pire. La situation dure depuis maintenant cinq semaines, et c’est pour ça que nous gardons quelques chambres pour les femmes en fuite, parce que nous savons que plus longtemps elles sont isolées avec un partenaire violent, plus la violence va s’aggraver. Je prévois que d’ici une semaine ou deux, nous allons recevoir beaucoup d’appels.»

Elle dit que d’autres refuges constatent ce même silence étrange, et ça soulève des inquiétudes. «Depuis le mois d’avril l’an dernier, notre refuge est presque toujours plein, donc ce qui se passe n’est pas normal, c’est inquiétant. Je pense que les gens sont hésitants, et je pense que ça s’applique à tout le monde ainsi qu’aux victimes de violence; notre niveau de stress et d’anxiété est très élevé à cause de l’incertitude que nous vivons tous, et les gens pensent peut-être que ça va finir bientôt. Je n’ai pas d’explication certaine.» Les experts au niveau national estiment que les femmes ont peut-être peur de quitter leur foyer, même un foyer dangereux, pendant une crise sanitaire, et certaines craignent peut-être de mettre leurs enfants à risque de contracter la COVID-19 si elles les sortent de la maison pour aller dans un refuge.

Le financement fédéral de 32 000$ est réservé aux dépenses liées à la COVID-19, par exemple «les heures supplémentaires; l’embauche de personnel; la garde d’enfants;  l’achat de fournitures ou produits pour répondre à une plus grande demande; la location de logements/chambres additionnels pour répondre aux besoins accrus.» Le centre soumettra aussi une demande à la province pour des fonds d’urgence. Le Centre Horizon compte 10 lits et le taux d’occupation dépasse constamment les 90% depuis la dernière année. Si la demande devait soudainement croitre, il faudrait trouver d’autres lieux où loger les clientes.

Mme Lafantaisie-Renaud ajoute que le centre a dû instaurer de nouveaux protocoles en réponse à la COVID-19. Puisque plusieurs femmes et enfants partagent une maison avec des espaces communs et une seule cuisine, les mesures de sécurité sont particulièrement importantes – et particulièrement difficiles. «C’est là que j’ai investi les heures supplémentaires. Il fallait revoir toutes nos politiques sur la protection contre les maladies transmissibles, les protocoles pour le personnel, les résidents, les visiteurs essentiels.» Alors que la distanciation sociale est impossible à l’intérieur du refuge, toute interaction avec le monde extérieur est restreinte au strict minimum. «Disons que l’Aide à l’enfance doive venir voir une cliente ici, tout le processus a changé. Avant d’entrer dans la maison, ils doivent mettre un masque. C’est pareil pour toute personne qui viendrait faire des réparations.»

Les résidentes portent le fardeau le plus lourd, car elles ne peuvent pas du tout quitter le foyer. «Nous leur avons demandé et elles ont accepté volontairement; nous ne leur avons pas imposé. Cependant, si une personne ne peut pas suivre les politiques et les protocoles liés à la COVID, il faudrait leur demander de quitter parce que nous ne pouvons pas mettre le foyer à risque. Admettons qu’une résidente disait «je m’en fiche, je vais aller magasiner,» eh bien non. Le seul motif valable pour sortir, c’est une urgence, comme un rendez-vous médical.» Selon la directrice, le fait d’avoir autant de personnes qui travaillent et qui vivent dans un milieu confiné, ça exige ce genre de mesures strictes.

«Les clientes sont tellement compréhensives, personne ne s’est plaint et je sais que c’est difficile pour elles. Nous, au moins, nous pouvons sortir pour faire l’épicerie une fois par semaine. Elles, elles ont accepté d’être confinées pour protéger tout le monde. (…) Ça affecte les enfants aussi parce qu’ils ne peuvent pas sortir sauf dans la cour arrière.» Quant au personnel, on leur a demandé d’adhérer fidèlement aux normes de distanciation sociale même dans leur temps libre, car c’est une lourde responsabilité. «Pensons-y, si jamais une cliente contractait le virus, ça voudrait dire que ça vient du personnel.»

Il y a d’autres défis également. «Pour moi, c’est le stress de ne pas savoir ce qui s’en vient... Nos dépenses ont augmenté parce que les gens sont ici 24 heures sur 24.» Comme la plupart des familles qui dépensent plus en épiceries parce qu’elles sont confinées, le refuge doit acheter plus de nourriture – en multipliant par dix. Les achats réguliers sont aussi plus chers, parce que les stocks sont réduits et les choix sont limités. «Même si c’est la marque la plus chère, il faut que je l’achète.»

D’autres problèmes s’ajoutent encore. «Notre Internet est plus lent parce que beaucoup de personnes l’utilisent, et c’est angoissant pour les clientes. Les enfants sont ici et ils doivent suivre leurs cours à distance. C’est un stress de plus.»

Le processus d’admission est aussi modifié à cause de la COVID-19. Une évaluation préliminaire est faite par téléphone. «D’abord, il faut évaluer s’il y a un risque d’infection pour les autres résidentes. Si une personne risque d’être atteinte de COVID-19, il faut la loger dans un autre site, en sécurité, car elle doit être en quarantaine pendant 14 jours avant de pouvoir entrer au centre.»

Les autres services non-essentiels du centre, comme le counseling et la sensibilisation, sont aussi faits par téléphone. «Bien sûr, c’est plus difficile. Nous sommes là pour aider les femmes et nous avons l’habitude d’échanger face à face. Néanmoins, je pense que tout le monde s’adapte bien; nous n’avons pas le choix. Le personnel garde le moral et fait tout ce qu’il faut pour aider. Si jamais le personnel refusait de venir travailler, je ne pourrais pas ouvrir le centre. Il faut vraiment leur donner beaucoup de crédit; les employées et les clientes sont restées très accommodantes à travers cette crise. (…) Tout le monde doit faire des compromis, mais la bonne chose c’est que nous sommes toutes en sécurité pour l’instant.»

Le Centre pour femmes Horizon offre un refuge aux femmes et leurs enfants victimes de violence. On peut l’appeler 24 heures sur 24 au 705-753-1154, ou laisser un message privé via Facebook Messenger sur la page du centre. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 911.



...Pour en savoir plus, cliquez ici

​​​​​​Accueil      Emplois      Nécrologie      Annonces      Archives      Photos      Abonnement      Publicité      Qui sommes-nous      Contactez-nous