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par Suzanne Gammon
Tribune

De nombreux résidents de Nipissing Ouest se sont joints aux manifestants de tous les coins du Nipissing le 1 décembre,  pour décrier haut et fort les coupures aux services en français proposées par le gouvernement Ford. Ils étaient environ 700 qui brandissaient des drapeaux franco-ontariens et des pancartes, qui criaient et chantaient devant le bureau du député provincial de Nipissing et ministre des Finances de l’Ontario, Vic Fedeli à North Bay.

Leurs principaux griefs concernent l’abolition du Commissariat aux services en français en tant que bureau indépendant, et l’annulation du projet de l’Université de langue française, qui devait ouvrir ses portes à Toronto en 2020. Le Premier ministre ontarien Doug Ford a invoqué les restrictions budgétaires comme motif de ces coupures, mais les Franco-Ontariens n’ont pas avalé la couleuvre, baptisant le jour de l’annonce, 15 novembre, le «jeudi noir» de l’Ontario français.

M. Ford a voulu calmer les esprits en annonçant qu’il allait intégrer le Commissaire aux services en français au bureau de l’Ombudsman, une idée que même l’Ombudsman Paul Dubé n’approuve pas et qui, selon les critiques, ne crée aucune économie. Puis il a ajouté que le projet d’université n’est pas annulé mais bien reporté jusqu’à ce que les finances de la province s’améliorent. Malgré ce discours, une membre du caucus conservateur a dérogé à la position du parti et dénoncé les coupures, allant jusqu’à quitter le parti pour siéger comme député indépendante, puis une vague d’opposition s’est rapidement répandue à travers l’Ontario et dans d’autres provinces, notamment le Québec.

Le mouvement a généré des manifestations dans plusieurs villes ontariennes samedi, réunissant collectivement environ 15 000 personnes. Dans le Nipissing, des autobus ont quitté Sturgeon Falls et Mattawa pour emmener les manifestants à la rue Main à North Bay, où ils ont longé les deux côtés de la rue devant le bureau de M. Fedeli pendant deux heures, dans le froid humide et la pluie intermittente. L’autobus de Sturgeon Falls avait seulement 12 passagers, mais la plupart des participants locaux s’étaient rendus par leurs propres moyens. Parmi eux, les membres du Club Richelieu de Sturgeon Falls affichaient fièrement la bannière du club, et plusieurs manifestaient en famille, certains unissant les voix de trois générations. Celui qui n’était pas présent, cependant, c’était Vic Fedeli; il était à New York pendant la manifestation.

Anita Corriveau, membre du comité organisateur baptisé Résistance-Nipissing, a rencontré M. Fedeli à son bureau le jour précédent, vendredi 30 novembre. On lui avait accordé 15 minutes, et la secrétaire a promptement interrompu la discussion à la seconde convenue. «Il revenait toujours à l’argent, l’argent, l’argent,» raconte-t-elle, ajoutant que le député n’était pas très réceptif. «Nous lui avons rappelé que le fédéral allait financer l’université à 50%, et il a demandé si nous pouvions l’aider à faire la demande. J’ai dit oui, bien sûr, mais à deux conditions : il n’y aura pas de compromis sur le Commissariat indépendant et sur l’université.»

Mme Corriveau souligne que la province de Québec dépense 626 millions de dollars par année pour ses trois universités de langue anglaise, alors que le coût projeté de l’université ontarienne de langue française est de 10 millions par année et le fédéral en paierait la moitié. «C’est insignifiant dans l’ensemble du budget, et les avantages vont largement dépasser les coûts,» insiste-t-elle.

Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réaction de M. Fedeli suite à la manifestation. Cette semaine, la secrétaire du député s’est dite «inondée d’appels» car les organisateurs avaient encouragé les gens à appeler son bureau. Or, pas un mot de M. Fedeli. «Je trouve ça très, très décevant,» déplore Mme Corriveau. «Ils se fichent de nous. Ils sont ignorants par rapport à la communauté francophone. Nous ne sommes pas une minorité, nous sommes un peuple fondateur.» Elle rappelle aussi que M. Ford et sa ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, avaient déclaré leur soutien au projet d’université pendant la campagne électorale.

Les députés étaient appelés à voter sur les coupures proposées ce jeudi 6 décembre, et le mercredi 5, le gouvernement Ford a résolu que la Législature cesserait de siéger en fin de journée le 6 pour ne reprendre que le 19 février 2019. Le député provincial de Timiskaming-Cochrane, John Vanthof, en était dégouté. «Ils vont faire passer ça en vitesse et ils vont se sauver,» lance-t-il. «Ils ne veulent pas faire face au public.» Il ajoute que le gouvernement Ford a annoncé plusieurs décisions «qui sont très impopulaires,» dont le choix du nouveau Commissaire de la Police provinciale, la fermeture du Bureau de l’intervenant provincial en faveur des enfants et «l’attaque contre les Francophones,» et selon M. Vanthof «ils préfèrent se sauver plutôt que de faire face aux questions.»

M. Vanthof, pour sa part, est resté dans son bureau de Timiskaming Shores le 1 décembre afin de répondre aux quelques 250 personnes qui ont manifesté là. Il dit qu’il leur devait bien le respect d’être présent pour entendre et répondre à leurs préoccupations, sinon il aurait bien aimé se joindre aux manifestants à North Bay. Membre du parti néo-démocrate, il a toujours soutenu le projet de l’université de langue française et il revendique aussi le maintien d’un Commissariat aux services en français indépendant, avec «un rôle proactif pour assurer le respect des services.» Selon M. Vanthof, «ce n’est même pas une question d’argent. Fermer le bureau du Commissaire, ça ne sauvera pas un sou et c’est une claque en pleine face aux Franco-Ontariens.» Quant l’université, il dit que «cette institution aurait été un centre d’excellence pour l’apprentissage en français. (…) L’argument économique ne tient pas debout, c’est un argument très faible si l’on considère les bienfaits versus les coûts.»

Il ajoute que les Conservateurs «n’ont rien compris aux Franco-Ontariens,» en les voyant comme une simple statistique et non comme un peuple fondateur bien habitué à lutter pour faire respecter ses droits. Il souligne que le gouvernement ne s’attendait pas à une réaction aussi virulente, et bien organisée, de la part des Francophones, et «c’est la première fois qu’on voit M. Ford fléchir.» Il encourage les gens à maintenir la pression. «Continuez à foncer. La communauté francophone fait une différence. (…) À chaque occasion, gardez la pression sur votre député provincial, même moi!»

Il ajoute qu’il y a même «des membres du parti conservateur qui ne sont pas contents,» mais il ne s’attend pas à voir d’autres députés déroger à la position Ford à moins qu’ils ne ressentent la colère du public. Mme Corriveau dit que la Résistance compte maintenir la pression. «Continuez à appeler votre député, le ministre des Finances Vic Fedeli (705-474-8340), et M. Ford (1-416-325-3434); continuez à revendiquer et écrire des lettres. Doug Ford fait l’hypocrite; il va faire ce coup le dernier jour de la Législature parce qu’il ne veut pas nous entendre. Il faut s’assurer qu’il nous entende.»

Elle ajoute que 71 avocats se sont joints au mouvement et ils sont prêts à aller jusqu’au tribunal s’il le faut. D’ailleurs, ils pourraient s’appuyer sur le précédent établi dans la cause Montfort, lorsque la Cour d’appel de l’Ontario a interdit à la province d’éliminer des services au seul hôpital de langue française en Ontario, jugeant que cela porterait atteinte aux droits constitutionnels de la minorité de langue française.

«En tant que peuple fondateur, nous voulons être respectés, pas tolérés. Je comprends l’importance de la responsabilité fiscale, mais ça fait 400 ans que nous portons le poids de la responsabilité fiscale sur notre dos, 400 ans que nous passons toujours en second alors que nous payons notre part égale d’impôts. Il n’y a pas si longtemps, nous devions lutter pour nos écoles, et c’était les mêmes arguments : pas d’argent, il y a déjà des écoles bilingues. Mais aujourd’hui, personne ne dirait que nous n’avons pas le droit d’avoir nos écoles de langue française. Ensuite c’était notre collège de langue française, et aujourd’hui, ce collège est en première place parmi tous les collèges ontariens en ce qui concerne le taux de satisfaction des étudiants et le taux de placement des diplômés. Les avantages économiques sont énormes. C’est la même chose pour notre université, ce sera un atout pour tout l’Ontario; elle créera des emplois, elle attirera des étudiants internationaux et elle créera des opportunités de croissance,» avance Mme Corriveau.

Elle ajoute que beaucoup d’Anglophones soutiennent aussi la cause. «Beaucoup d’Anglophones nous appellent pour se joindre à nous, et je leur dis oui, absolument! C’est notre Ontario à nous tous, alors unissons-nous pour le rendre meilleur!»

L’un de ces Francophiles, c’est Don Wright de Sturgeon Falls. Il est venu rencontrer les manifestants qui s’apprêtaient à monter à bord de l’autobus le 1 décembre, en leur offrant un tableau qu’il leur demandait d’apporter à North Bay. Son œuvre originale était composée de pins, représentant le Nord de l’Ontario, et la phrase «Je suis Anglais» au-dessus d’un cœur dans lequel est inscrit «I love you». L’image est encadrée de deux mains qui se rejoignent, entre lesquelles est écrit le mot «solidarité.» Récemment installé dans le Nipissing Ouest, M. Wright dit qu’il adore sa communauté d’adoption et surtout ses résidents, dont la plupart sont Francophones, et il s’efforce à apprendre le français afin de pouvoir profiter plus pleinement de cette belle culture.

«Je voulais juste venir ici et vous dire que je vous soutiens de tout cœur,» a-t-il dit en remettant son tableau à l’un des manifestants, M. Marcel Lafrenière.

«C’est vraiment beau, et le message surtout est très beau. Merci,» de répondre M. Lafrenière, évidemment ému du geste.

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