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La réaction locale à la pandémie du coronavirus ressemble à celle de toutes les communautés à travers l’Amérique du Nord : certains paniquent et vident les rayons des magasins locaux de papier hygiénique, alors que d’autres offrent du soutien à leurs voisins et font preuve de solidarité. De la part des autorités municipales et médicales, c’est un effort concerté et soutenu devant une vague d’incertitude et de craintes.

Les annonces se succèdent rapidement depuis la semaine dernière. Dès le jeudi 12 mars, le Foyer pour personnes âgées Au Château annonçait la fermeture aux visiteurs pour protéger ses résidents vulnérables. L’état d’urgence a été déclaré au niveau fédéral le 16 mars, et au niveau provincial le 17. Dans tous les médias, on implore les gens, à répétition, de s’auto-isoler s’ils sont à risque, et de pratiquer l’éloignement social. L’une après l’autre, les institutions et entreprises annoncent leurs mesures de sécurité, soit du nettoyage intense, des heures et des modalités de service ajustées, et carrément des fermetures.

Le plus grand impact est venu de la fermeture des écoles à travers l’Ontario jusqu’au 6 avril, soit deux semaines complètes après le congé du mois de mars. Les garderies ont suivi, laissant de nombreux parents aux prises avec un problème de garde. L’objectif : d’«aplatir la courbe», ralentir la progression du virus afin de ne pas accabler notre système de santé tout d’un coup.

On a également déconseillé les rassemblements, provoquant l’annulation de tous les spectacles, évènements sportifs et culturels à travers la région. Plus de spectacles du CANO en mars et avril, plus de souper de la Francophonie, plus de fête de la St-Patrick, plus d’entrainement et compétitions sportives et ainsi de suite.

C’était une décision difficile pour le chef de la Première nation Nipissing, Scott McLeod, d’annoncer l’annulation du grand tournoi de hockey Little Native Hockey League à Mississauga. La PNN travaillait à l’organisation depuis un an, comme nation-hôtesse, rôle qu’elle assumera en 2021 maintenant.

Les bars et restaurants ont suivi, un décret de la province les obligeant à cesser le service en salle. Plusieurs ont opté d’offrir des plats à emporter ou la livraison pendant la crise.

Alors que les déplacements à l’étranger ont été déconseillés avant le congé scolaire de mars, beaucoup de personnes avaient déjà réservé; certains ont choisi d’annuler, d’autres non. La situation s’est compliquée lorsque, en pleine période de vacances scolaires, le gouvernement fédéral a interdit l’entrée aux étrangers sauf des Etats-Unis (cela viendrait le mercredi 18 mars), et implorait aux ressortissants de rentrer tout de suite au pays avant que les vols ne deviennent impossibles. Pour ceux qui arrivent au pays de l’extérieur, on leur demande de s’auto-isoler pendant 14 jours pour protéger la population.

Le vendredi 13 mars, la directrice de l’Hôpital général de NO, Cynthia Desormiers, a parlé à la Tribune. Si jamais des cas de coronavirus étaient déclarés dans le Nipissing Ouest, cette institution serait la plus durement éprouvée, donc on demande a public de mettre le moins de pression possible sur l’hôpital. «Nous encourageons les gens à appeler Télésanté s’ils ont des symptômes,» dit la directrice. «Afin de passer un test de dépistage, il faut avoir des symptômes, dont la fièvre, et avoir voyagé ou été en contact avec une personne atteinte du coronavirus, ou avoir été dans un environnement où il y a eu un cas de COVID-19.»

Mme Desormiers dit que l’hôpital n’a pas plus de pression qu’à l’habitude, pour l’instant, «mais nous avons un plan de pandémie et il y a quelques semaines, lorsque nous avons constaté une hausse des cas, nous l’avons révisé et amélioré. C’est une éclosion. Ce qui arrivera ici, nous allons le gérer comme nous gérons les éclosions de grippe, avec les mêmes protocoles, les mêmes processus.»

Comme les autres organismes de santé, elle prône une bonne hygiène. «Lavez-vous les mains fréquemment, évitez de vous toucher le visage, car c’est par là que ça se transmet. Nous évaluons les gens dans la salle d’urgence. S’ils arrivent avec des problèmes respiratoires, nous leur demandons leur historique de voyage, comme nous le faisions pour les virus de H1N1 et de SRAS. Ensuite, nous surveillons de près nos patients en soins de longue durée. (…) À partir d’aujourd’hui, sur la recommandation du médecin-hygiéniste en chef, nous suspendons toutes les activités sociales et nous encourageons les gens à ne pas visiter les résidents en soins de longue durée qui sont vulnérables.»

Dans les cas plus extrêmes, la COVID-19 attaque le système respiratoire et il n’y a pas de traitement connu. Lorsqu’on lui demande si l’hôpital est équipé pour répondre à de multiples urgences de déficience respiratoire, Mme Desormiers se veut rassurante. «En tant de district, nous sommes prêts. Pour l’instant, nous n’avons aucun cas confirmé dans notre district.» Cela était toujours vrai le mercredi 18 mars au matin. Or, l’hôpital insistait pour le rappeler mercredi, après avoir reçu des appels de personnes en panique qui avaient lu une fausse rumeur sur Facebook.

Malgré l’absence de cas locaux, l’inquiétude persiste, bien sûr. «Nous restons vigilants. Nous veillons à le contenir. Nous améliorons nos processus pour faciliter la prévention, en lançant le message qu’il faut s’auto-isoler,» dit Mme Desormiers. Il y a aussi une consultation constante avec le ministère de la Santé. «Nous communiquons tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, avec notre personnel médical et notre conseil d’administration. Nous avons des leaders formidables au ministère de la Santé et au Bureau de santé publique et ils nous fournissent des directives et des conseils très sages. Je pense que nous sommes sur la bonne voie en tant que district.» Elle ajoute que l’hôpital coordonne aussi ses efforts avec la municipalité.

Les statistiques restent alarmantes; certains experts prédisent que 30% à 70% de population sera infectée. La vaste majorité n’aura que des symptômes légers, mais les personnes âgées ou avec des problèmes de santé existants risquent des conséquences graves, allant jusqu’à la mort. L’objectif cité est donc de ralentir la propagation, et non l’empêcher, selon beaucoup d’experts.

Comment le personnel de l’hôpital envisage donc cette éventualité? «Ils gardent le moral, ils se renseignent, restent alertes et conscients. Nous avons de l’équipement protecteur, des masques, des lunettes de protection, des boucliers, des survêtements à porter. Ils sont consciencieux en ce qui a trait à s’habiller, à mettre ces équipements pour se protéger.» Elle se veut aussi rassurante sur les statistiques. «Environ 80% [des personnes infectées] auront des symptômes très légers. Une partie de la population restera sans doute inconsciente d’avoir été atteinte.»

Ces cas non-dépistés risquent d’être le plus grand problème. «L’éloignement social sera essentiel. Les gens doivent faire attention à leurs déplacements, éviter les foules… Je pense que nous avons tous une responsabilité personnelle… Il faut reporter ou annuler les rassemblements pour s’assurer de rester en santé.»

Que faire si vous avez des symptômes alors? Mme Desormiers répète qu’il faut appeler Télésanté. «Ils vont vous guider, discuter de vos symptômes. Ils vont vous donner l’information nécessaire, ils sont les experts. C’est important que les gens n’arrivent pas ici à la salle d’urgence. Il faut appeler ces numéros publics pour avoir de bons conseils pour gérer les symptômes, parce qu’il y a aussi des cas d’influenza qui courent. Néanmoins, nous avons vraiment rehaussé nos protocoles de nettoyage ici. Notre personnel d’entretien fait un travail formidable avec une attention particulière aux endroits de contact fréquent. C’est un effort collectif.»

Quels sont les endroits de contact fréquent dont les gens devraient se préoccuper dans leurs propres milieux? «Les téléphones, les poignées de porte, les surfaces de travail… Il faut avoir des stations de lavage des mains partout.»

Mme Desormiers ajoute que le système de santé canadien est robuste et peut s’inspirer de luttes passées. «Je pense que nous avons un système de santé public très fort. Il y a des personnes très compétentes en santé publique et collectivement, beaucoup d’entre eux ont lutté contre le SRAS et le H1N1, et nous tirons de ces expériences pour minimiser l’impact cette fois-ci.»


La municipalité réagit à la COVID-19

Entre jeudi dernier et mardi de cette semaine, la municipalité est passée d’un «état de vigilance» à une fermeture complète de tous ses services non-essentiels afin de protéger ses employés et résidents. Le lundi 16 mars, l’administrateur municipal Jean-Pierre Barbeau a expliqué le raisonnement. «Le plan évolue après nos conversations avec le personnel à propos de l’éloignement social. Le personnel de service, au comptoir, est de plus en plus anxieux. Nous essayons de limiter les visites au bureau – les gens viennent encore pour des permis de mariage et des choses comme ça.»

M. Barbeau avoue que tout le monde patauge dans des eaux inconnues. Il travaille avec les techniciens en informatique pour déménager les préposés dans l’ancien poste de police, à l’arrière de l’édifice municipal, afin qu’ils puissent servir les gens derrière une vitre. «Il faudra peut-être fermer le comptoir à l’entrée principale, et obliger les gens à aller à l’arrière.»

«Pour l’instant le conseil a décidé de cesser tous les services non-essentiels, d’après les recommandations du Bureau de santé. Nous ne voulons pas que nos employés ou nos résidents tombent malade. Nous avons fermé nos arènes et nos espaces communautaires dès midi lundi. La bibliothèque, qui relève d’un conseil séparé, a aussi fermé à 16 h lundi. Nous limitons le contact interpersonnel entre les employés. Toutes les demandes peuvent être faites en ligne et peuvent être traitées électroniquement.»

Malgré toutes ces mesures, M. Barbeau reconnaît que «nous sommes une municipalité et donc chargés de fournir des services publics; ils faut continuer à offrir des services essentiels aux résidents. Nous avons parlé à tous les employés à propos de la sécurité. Malgré toutes les consignes sur les rassemblements et l’éloignement social, les fonctionnaires ont une responsabilité accrue. Si cette crise s’empire, et ça va sans doute s’empirer, ce sont nos employés qui devront continuer à faire fonctionner nos installations d’urgence et de secours. Nous avons insisté là-dessus auprès de tous nos gérants.»

M. Barbeau doit lui-même s’isoler jusqu’à un certain point, car une condition médicale le met à risque; il s’est donc installé dans un bureau à l’arrière du bâtiment. «J’ai une fonction essentielle dans la mise en application d’un plan d’urgence municipal, donc il y a des attentes plus élevées à mon égard. J’ai une responsabilité professionnelle… Je reste tout de même assez isolé du public, je rencontre les gens par rendez-vous seulement et je limite mes interactions. Si jamais je tombais malade, mon pronostic n’est pas bon.» Il ajoute que plusieurs cadres de l’administration municipale sont actuellement en vacances à l’étranger, ou viennent de revenir. «À leur retour, ils doivent s’auto-isoler pendant deux semaines.» Or, ils peuvent travailler à distance, grâce à la technologie.

Pour compliquer les choses, les réunions du conseil municipal ont dû être annulées. «J’ai eu une conversation avec la mairesse. Ce que nous faisons si nous devons prendre une décision, par exemple sur les impôts, c’est d’envoyer un courriel aux conseillers et la mairesse. S’il y a un débat, alors nous aurons un vrai débat, mais s’il y a 5 personnes en faveur alors nous allons de l’avant.» L’une de ces décisions, c’était de reporter l’échéance pour payer les impôts fonciers, afin d’alléger le fardeau financier des résidents en ce temps difficile, et limiter les visites à l’hôtel de ville.

«Je fais ce travail depuis pas mal d’années, et cette situation est totalement nouvelle pour moi et pour tout le monde à travers la province. Nous examinons les meilleures pratiques, nous lisons, nous consultons les sites web, nous improvisons des solutions, et nous invitons des conseils de toutes parts. Nous sommes tous dans le même bateau ensemble. (…) C’est un effort collectif qui nous aidera à traverser cette crise. (…) Si nous ne prenons pas les devants… les choses peuvent changer d’une minute à l’autre si nous prenons la moindre chose pour acquis. Nous ne sommes pas atteints localement pour l’instant, mais l’idée c’est de mettre en place des mesures pour que ça reste ainsi.»



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Plusieurs mesures de protection adoptées face au coronavirus