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Gayle Primeau rayonne de joie et de soulagement losrqu’elle et son époux, Stuart Seville, décollent enfin pour le Canada après un très long périple et des jours d’angoisse à ne pas savoir s’ils allaient rester pris en Afrique du Sud suite à la propagation rapide du coronavirus à travers le monde.

Un voyage tourne au cauchemar

Le retour d’un voyage de plaisance est souvent triste, marquant la fin d’une belle aventure, mais c’est avec grand soulagement et joie que Gayle Primeau et Stuart Seville sont montés à bord d’un vol d’Air Canada pour rentrer au pays le 21 mars, écourtant leur vacances en Afrique du Sud. Le couple est bien connu à Sturgeon Falls, Gayle pour son travail bénévole à embellir le centre-ville, et Stuart comme entrepreneur en immobilier. Passionnés de voyage, ils ont quitté pour l’Afrique du Sud le 9 mars, juste avant que la crise du COVID-19 éclate au Canada.

En peu de temps, ils ont été confrontés à des frontières qui se fermaient, des avions cloués au sol ou remplis, et de moins en moins d’options pour pouvoir rentrer à la maison. Au moment où ce journal passait sous presse, ils avaient presque fini leur période d’isolement de 14 jours à la maison à Sturgeon Falls, où ils étaient bien contents de rester tranquilles avec leur petit chien.

La Tribune leur a parlé le 4e jour de leur isolement, et ils ne s’en plaignaient pas du tout. «C’était toute une aventure,» dit Gayle. Quand nous partons quelque part, je dis toujours «une autre aventure commence,» mais je ne pensais pas que ce serait ce type d’aventure!»

Gayle raconte qu’au moment de leur départ, les médias parlaient encore de la COVID-19 comme d’un problème surtout concentré en Chine, et leur tournée de 16 jours n’avait pas été annulée. «Nous avons pris un vol vers Cape Town et tout était normal. On en entendait parler, mais il y avait très peu d’informations canadiennes diffusées là-bas. Nous captions [la chaîne] CNN, et l’on entendait juste parler de Trump… Lorsque nous avons quitté Cape Town pour aller aux endroits plus isolés, nous avons perdu toute communication parce qu’il n’y avait pas d’Internet le jour (…); nous étions en safari. C’est là que les choses ont commencé à mal tourner, parce que les seuls messages que je recevais étaient de ma sœur et mes amis d’ici.» Ces messages les imploraient à rentrer tout de suite.

Stuart raconte, «Environ le 12 ou 13 de mars, c’est là que la situation commençait à prendre de l’ampleur partout dans le monde, mais l’Afrique du Sud n’avait pas encore de cas. Je voudrais souligner qu’à notre arrivée à Cape Town, ils avaient déjà beaucoup d’avance sur [l’aéroport] Pearson; il y avait des gens là avec des masques, avant même d’avoir un cas, et ils prenaient la température de tous ceux qui entraient dans le pays… Quand nous sommes arrivés à Durban 4 jours plus tard, Durban venait d’annoncer ses premiers 2 ou 3 cas, des gens venus d’Italie. Les choses ont évolué très vite au cours des ces quatre jours, et nous étions dans un autobus en direction d’Eswatini.»

Après ces quelques jours, Gayle a commencé à recevoir des messages plus urgents : les frontières allaient fermer. «J’ai passé trois nuits sans dormir, juste à pleurer et faire des crises d’anxiété, je voulais juste sortir de là. (…) J’envoyais des messages à la responsable de notre tournée parce qu’elle n’arrêtait pas de dire qu’elle ne savait rien et que tout allait bien. Finalement, le soir où nous devions aller au [parc national] Kruger, la deuxième partie de notre tournée a été annulée.»

Stuart ajoute, «Nous étions alors à Eswatini. C’est un pays indépendant enclavé dans l’Afrique du Sud, un royaume, donc il fallait traverser une frontière pour entrer et sortir.» La responsable de la tournée craignait qu’on leur refuse l’entrée à Afrique du Sud au retour. «Trois jours plus tard, nous étions censé nous rendre au Zimbabwe et ensuite à Botswana, mais personne ne savait l’état des frontières; tout se fermait progressivement. Le lendemain, nous sommes allés à Kruger, le jour de ma fête, le 17 mars.»

Gayle dit qu’ils ont tout de même profité du parc, «mais ensuite nous avons appris qu’il y avait des cas de COVID-19 au Zimbabwe. Puis il y avait juste un aéroport international… Si nous avions continué et été dans ces pays, nous n’aurions pas pu en ressortir parce qu’ils ont fermé les frontières» et il n’y a pas de vols directs du Botswana ou Zimbabwe. «Donc après Kruger, nous sommes retournés à Johannesburg. Nous étions en autobus, incapable de faire quoi que ce soit. Puis mes enfants m’envoyaient des textos, «Mom, il faut que tu rentres à la maison!» J’ai eu du mal à garder mon calme.»

Forcé de couper court son voyage, avec un vol de retour prévu seulement une semaine plus tard, le couple tentait de modifier son itinéraire pour rentrer plus tôt, mais les vols étaient de plus en plus rares. Même leur agence de voyage ne pouvait rien faire. Une amie californienne, hôtesse de l’air, avait un seul conseil : «achetez des billets à n’importe quel prix et sortez de là!» Gayle a rencontré une vieille connaissance avec des liens au gouvernement sud-africain. «Elle m’a dit que les aéroports allaient être fermés avant la fin de la semaine et qu’il fallait sortir, sinon nous serions pris là. Comme de fait, le jour où nous sommes allés à l’aéroport, tous les vols étaient annulés et ils refusaient l’arrivée de plusieurs avions. Ça commençait déjà.» Gayle a pu joindre un agent de voyage à Ottawa qui aidait les Canadiens à rentrer au pays. «À 1 heure du matin nous avons pu réserver un vol de British Airways vers Londres, puis un vol d’Air Canada. Ça nous a coûté une fortune, mais à ce point-là je m’en fichais. Nous voulions juste rentrer.»

Stuart dit que c’était le chaos total à l’aéroport. «L’Afrique du Sud a bloqué tous les voyageurs internationaux alors que les gens étaient en plein vol pour s’y rendre. La police entourait les avions sur la piste d’atterrissage et ne laissait personne sortir. Ils les ont fait faire le plein et les ont renvoyés!»

Alors que le couple essayait de trouver un vol vers le Canada, les aéroports européens fermaient tour à tour, les obligeant à chercher une autre route, soit via le Brésil ou Dubai. En quelques heures seulement, le coût des vols avait doublé. Ils ont été chanceux d’obtenir un vol à 2100$. «Nous avons voyagé dans un Boeing 381, à deux étages, et tous les sièges étaient remplis. Même chose de Heathrow (Londres) à Toronto.» C’était un avion de secours, sans luxe, servant de l’eau et des noix au plus.

Ils ont été nerveux à l’aéroport de Londres aussi. «Il y avait la queue, c’était pas possible. Ils ont commencé à refouler des passagers. Nous étions arrivés trois heures avant le vol et c’était déjà plein et nous avions peur qu’ils nous refusent faute de place, même si nous avions nos billets. L’angoisse ne m’a pas quitté jusqu’au moment où nous étions assis dans nos sièges.»

Enfin assise dans l’avion qui les ramènerait au Canada, Gayle a brièvement glissé son masque pour sourire à Stuart, qui l’a prise en photo à cet instant émouvant.

Arrivée à Toronto, Stuart remarque qu’il n’y avait pas de mesures de contrôle ou de dépistage. «Il y avait juste des gars qui distribuaient des formulaires, mais pas de vérification. On nous posait une question et l’on se fiait aux gens pour être honnêtes. Qui va avouer qu’il tousse? Les gens veulent juste rentrer à la maison! (…) Une bonne partie de la propagation se fait sur ces avions. Nous avons pris le temps de désinfecter, d’essuyer nos sièges, nous avons porté des masques pendant presque 24 heures en continu. Nous avons littéralement été sur trois continents en 24 heures. Je ne comprends pas qu’il y ait des gens qui toussent et qui éternuent dans ces avions et seulement ¼ du monde porte un masque. Les compagnies aériennes auraient dû distribuer des masques à tout le monde et insister pour que les gens les portent. Seulement la moitié des hôtesses de l’air en portait!»

Gayle en rajoute. «Je me souviens aussi qu’à l’arrivée en Afrique du Sud, ils ont arrosé l’avion. Ils n’ont pas fait ça à notre retour au Canada. C’est trop laxiste ici.» Stuart ajoute que le personnel en Afrique du Sud a aussi vaporisé l’intérieur de l’avion avec un produit désinfectant.

Néanmoins, ils étaient contents d’être sur ce vol d’Air Canada, et Gayle a même eu les larmes aux yeux en entendant le message du pilote, annonçant qu’ils étaient enfin à la dernière étape de leur long périple. Arrivés à Toronto, ils ont récupéré leur véhicule pour pouvoir rentrer seuls à la maison, où leur famille avait déjà rempli le frigo pour eux, afin qu’ils puissent respecter l’ordre de ne pas sortir. Maintenant qu’ils sont tous deux isolés à la maison, Gayle dit en riant que le rez-de-chaussée est pour elle, et le sous-sol, pour Stuart. Leur sens de l’humour est resté bien intact, et c’est clair qu’ils ont repris leur bonne humeur maintenant qu’ils sont bien en sécurité chez-eux.


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